VERNIER Claude 70ème Promo 4ème Cie ESOG de Montluçon 1983 (18 Octobre 1952 † 07 Décembre 1978) (Stage du 07 Décembre 1982 au 10 Juin 1983)

ZIELINSKI Richard

Mise en page pour le net MAGUET Jean-Pierre

(il n’y a pas eu d’insigne métallique de promo à l’époque à l’Ecole des Sous- Officiers de Montluçon, car ils ne sont apparus qu’en juin 1986 : à partir de la 97° Promotion 1 cie) Gendarme Quellec

 

C’est une gageure, que de vouloir retracer la vie de quelqu’un en quelques lignes, et quand ce quelqu’un sort de l’ordinaire il faudrait un ouvrage, j’en suis conscient, et c’est pour cela que je n’en retrace volontairement qu’une petite fraction : celle résumée de la partie militaire de son existence : sa biographie dite aux élèves de la 4ème Compagnie de la 90ème de Miontluçon qui l’ont prit comme Modèle, comme Parrain ! Si dans ces quelques pages destinées aux collectionneurs, d’insignes : Débutants ou confirmées, je dérape, volontairement, vers un petit retour en arrière (Algérie) avec la couleur des béret et des insignes, c’est que pour Claude ou tout comme pour moi, passer du béret rouge au béret noir, les symboles ont un sens, c’est un choix de mode vie et d’expérience : mais de toutes les manières c’est pour servir son Pays et que les braves gens qui l’habite puissent vivre et dormir en paix !
La 90ème promotion d’Elèves Gendarmes de l’ESOG de Châtellerault ont donc choisi comme Parrain : le Gendarme Claude VERNIER de l’Escadron 9/11 Parachutiste de gendarmerie Mobile de mont de Marsan.
Né le 18 Octobre 1952 à MONTAUBAN, ce jeune garçon plein d'entrain et de vie commence sa carrière militaire en 1970 en effectuant son service national au 35ème Régiment d'Artillerie Parachutiste alors en garnison dans sa ville natale.
Breveté militaire parachutiste le 15 Janvier 1971 c'est un brillant élément, estimé de ses chefs et de ses camarades c'est ainsi qu'il termine son service national avec le grade de Sergent
Sportif, dynamique, et attiré par l'effort, il s'engage au Premier Régiment d'Hussards Parachutistes de TARBES avec le grade de Caporal/Chef.
En 1972, il effectue un long séjour au TCHAD, lors d'accrochages avec des éléments rebelles, il montre à plusieurs reprises un courage remarquable et un bel esprit d'initiative.
Il entre à l'école préparatoire de Gendarmerie de CHATELLERAULT en 1973. Nommé Gendarme le 18 Octobre de la même année, parachutiste dans l'âme, il demande à servir à l'Escadron 9/11 parachutiste de la Gendarmerie Mobile à Mont de Marsan (les Landes).
Il a l'honneur d'y être affecté quelques jours plus tard.
Malgré sa jeunesse (21 ans alors) ses qualités et ses qualifications en sport de combat lui ouvrent les portes du Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (le G.I.G.N.4) alors partie intégrante de l'Escadron parachutiste.
Toujours prêt et plein d'enthousiasme, il participe avec brio à plusieurs missions particulièrement dangereuses.
En 1975, lors des expériences Françaises dans le Pacifique, il est détaché à NOUMEA. Collaborant étroitement avec les autorités, il fait preuve une fois de plus, de belles qualités exceptionnelles.
En 1976, il obtient le brevet de chuteur opérationnel, faisant de lui un spécialiste de saut à grande hauteur avec charge. Il en profite pour établir le record, du 30 Kms en treillis rangers avec charge en 2 heures 55 minutes, démontrant une fois de plus ses qualités exceptionnelles. (Record qui a tenu une bonne vingtaine d’année, à ce très haut niveau d’athlétisme, beaucoup de candidats et de cadres se sont fixé comme objectif de le battre…) Claude est rentré dans la légende du cercle très fermé des Chuteurs Ops à l’ETAP ; Ecole des Troupes Aéroportées (toutes Armes confondus) et même bien au-delà avec (tous les Paras)
Marié le 07 Août 1976, il devient père d'un petit Garçon un an plus tard, qui est devenu à son tour Gendarme.
Membre à part entière de l'équipe des chuteurs opérationnels de l'escadron parachutiste, il participe avec conviction à tous les exercices et manoeuvres de la 11éme Division Parachutiste.
Là, encore son comportement remarquable lui vaut les félicitations du Directeur de la Gendarmerie Nationale.
Le 07 Décembre 1978, lors d'une séance de saut à PAU, le Gendarme Claude VERNIER est victime d'un accident mortel, décédé au cours d'un saut d'entrainement de l'équipe CRAP de la gendarmerie. Il totalisait ce jour 87 sauts en parachute à ouverture automatique et 130 sauts à ouverture commandée retardée en équipe opérationnelle. (Commandos d'Action et Recherches en Profondeur) Claude VERNIER avait choisi de servir la Gendarmerie Nationale en lui offrant ce qui lui était le plus cher, le dynamisme, le goût de l'effort. Il nous a quitté brutalement en accomplissant l'activité qu'il chérissait le plus, le PARACHUTISME ! Gageons qu’il totaliserait aujourd’hui 4000 sauts, comme son Meilleur Ami (Michel BALANGER).
Son souvenir est encore présent dans nos esprits et continue de nous guider dans ce qui le motivait au plus profond de lui-même :
SERVIR BIEN, SERVIR MIEUX

 

Insignes portés par le Gendarme Claude VERNIER
A
B
C
A) Historique : Créé le 3 Novembre 1973, le GIGN (Initialement appelé E.C.R.I. Equipe Commando Régionale d' Intervention ) dispose de 2 Groupes d' Intervention : Le N° 1 à MAISONS - ALFORT, devant opérer sur les 1ère, 2ème, 3ème et 6ème Régions Militaires et le N° 4 à MONT de MARSAN opérant en 4e, 5e et 7e R. M. Le 27 Juin 1977, les 2 Groupes fusionnent à MAISONS - ALFORT au sein du 2e Groupement de Gendarmerie Mobile. Le 1er Sept.1982, le GIGN s’installe à SATORY (VERSAILLES) puis intègre le G.S.I.G.N. le 1er Janvier 1984.
Une dizaine de Gendarmes composait ce groupe à Mont de Marsan.
Détail de Insigne porté sur le béret d' août 1971 à Fin 1978 : Grenade Or de la Mobile brodée en cannetille sur un losange de tissu cousu sur le Béret noir des Cdos : 43 x 37 m/m
Le métallique ne remplacera ce modèle qu’à partir de la fin Décembre 1978 soit une quinzaine de jours après son tragique décès.
Porté depuis 1975, et Homologué le 4 juin 1981 sous le N° 2928
à la demande du Directeur de la Gend. Modèle plastifié de dotation, Porté sur treillis et Combinaison de Saut . (Appelé familièrement “la Carte Postale”)
Fab : MONBLASON 87 x 65 m/m

 

POUR INFO :

 

A

Le très mythique et rare béret des Cdos de Chasse de la Gend en Algérie avec son insigne en métal embouti argenté de Fab :Augis
Reprenant les traditions des Commandos de Chasses de la Gend. En Algérie (Non Parachutistes pourtant), il avait été demandé auprès de la Direction le même béret aux Couleurs de le l’Arme (bleu et noir) Ci-contre pour info. l’Intendance ne pouvant (ou ne voulant pas le fournir)c’est donc un béret noir déjà existant qui fut imposé, mais avec une grenade dorée en canetille cousue
C
B

Le 1er modèle métallique de l'Esc. Para officiel et porté de Fab Fraisse (A). Le Rapace n'étant pas très réussi le Personnel de l'unité réclamera en 1991 (B) un Aigle digne de ce nom et moins " déplumé ". On peut le trouver noirci entre les suspentes, pour mieux le faire ressortir ! Reprise du Cdo de chasse en Algérie (Fab. Augis) la grenade a été déplacée et un parachute rajouté (Fab : Boussemart)

(C) C.C.R.G. d' Aquitaine Circonscription de Commandement Régional de Gendarmerie: sur un plateau argenté ou doré suivant le cas, écu identique à celui de la 4° Légion. Insigne homologué le 15 juillet 1968, sous le N° G. 2179 (SHAT Vincennes 94000). Cet écu représente le armes de la Guyene, nom que repris la province d' Aquitaine au XII° siècle. Le léopard d'or était l' emblème de ces Ducs qui avaient Bordeaux pour capitale.

l'Escadron Parachutiste de Gendarmerie Mobile portait l'écu d'Aquitaine sur un plateau doré.

Le Fameux Brevet des Chuteurs Opérationnels aux 5 étoiles bleues Obtenu par Claude en 1976 porte le N° 710 (le Mythique : Chut Ops…) porté par l’Elite de l’élite des troupes Aéroportées et le fer de lance des unités « pointues » comme les Paras, les Commandos de l’Air, les Commandos Marine, la Légion Etrangère et bien sûr la Gendarmerie !
Homologué : S 30 le 08 Juillet 1970 (le métallique et sa version en canetille (souvent préférée au métallique et cousue sur la tenue de cérémonie).

 

Les Unités de l'Armée vivent et meurent et avec leur disparition la gloire qui faisait leur renom s'envole et le désert de l'oubli ensevelit leurs souffrances…Ca et là, sur une plaque de marbre ou dans les livres, des sigles, dont peu de personnes peuvent déchiffrer le sens, remémorent que ces unités et les hommes qui les composaient ont écrit quelques lignes de l'histoire de notre pays.
De leur vivant, ils arboraient non sans fierté sur leur poitrine l'insigne de leur unité, preuve de leur engagement et signe de reconnaissance entre initiés… Seul témoin de leur existence, il rappelle aux hommes que ce sont eux qui donnent un sens au mot symbole. Ceux qui l'ont compris vouent à ces insignes des unités vivantes ou mortes une passion qui, à travers de leur collection, perpétuent la mémoire de ceux qui ne sont plus.
Paris, le 13 Juillet 1988
Christian PROUTEAU Au Gendarme ZIELINSKI
La prière du Para issue d’un petit texte retrouvé dans les affaires d’André ZIRNHELD, obscur petit Professeur de Philosophie engagé dans les tous premiers parachutistes de la France Libre et tué au combat en 1942 dans les sables Libyens, ces quelques lignes deviendront un peu plus tard en Indochine la fameuse « Prière du Para » : Claude a également reçu cette carte distribuée dans les Rgts Paras dans les 1ers jours de son incorporation avec ici une photo d’un largage sur Dien Bien Phu.

 

Claude au footing, toujours devant…et faisant la grimace au photographe.
S’entraînant au nunchaku dans un cantonnement en corse
Derniers réglages de la musette chargée à 8 kg pour tous (sauf pour Claude, qui avait bricolé son boudin perso : du sable dans une chambre à air, avec 4 ou 5 kg de plus), juste au départ d’une Marche Commando de 8 km à Mont de Marsan et qui malgré ce petit handicap volontaire finissait dans les 1er et prêt à la refaire...pas plus fatigué que ça ! alors que personnellement comme d’autres j’arrivais sur les rotules…

 

Belle photo souvenir de famille des stagiaires et des cadres de la promotion des Chuteurs Opérationnels qui posent pour la postérité entre 2 sauts sur la DZ de Pau (la Mecque des Paras) : les parachutes sont pliés, alignés et prêts à l’emploi…Claude est debout, béret noir vissé sur la tête derrière un Lt. des « Cocoy : (Cdo de l’Air), qui a la même couleur de béret) les stagiaires sont issus de toutes les Armes, on reconnait un Légionnaire du 2ème REP (assis à droite au 1er rang), grâce au sien qui est vert avec son macaron circulaire.
L’équipe des Chuteurs Ops de L’Escadron Para, équipés attendant stoïquement sous la pluie le moment d’embarquer, la vérif a sol a été faite, les gaines chargées pour de vrai (comme il se doit), sont équilibrées et fixées sous le ventral sur lequel est arrimé un Alti et un Chrono*, ce qui constitue une gêne très réelle en chute pour les manoeuvres d’évitement de collisions, d’approches ou d’accrochages mais aussi à l’atterrissage (attention où l’on pose les pieds…) , il ne manque que l’avion qui manoeuvre tout près de là pour s’approcher de l’aire d’embarquement. A sa droite le Capitaine REMY et BALANGER* Michel son meilleur Ami et Parrain du Petit Pierre Devenu Gendarme à son tour, depuis.
Le Cne REMY est devenu Général, et le Gend. BALANGER surnommer « Baba ou Joli pied »
à cause de sa manie, sans doute, de toucher le centre de la Cible dans les compétitions, lui a prit sa retraite bien mérité avec le Grade de Capitaine et totalise environ 4000 sauts (tant civils que militaires)
* Le matériel a considérablement évolué depuis cette époque, le parachute principal et la réserve, sont maintenant dans le dos, le Chrono et l’altimètre (le gros boîtier rouge fixés sur le ventral) sont remplacés par un système tenant au poignet.

 

Je ne peux m’empêcher, non plus, de vous présenter ce splendide et rare écusson (livré à 10 Exp.) pour l’équipe de compétition du GSIGN, à Versailles-Satory et formé en grande partie par le noyau dur de l’Escadron Para et dont Claude aurait tout naturellement fait parti. La coupe de France militaire ayant été remportée l’année précédente, c’était donc au tour du GSIGN à organiser la compétition en 1988. (Soit dix années après ce tragique et stupide accident) Sous le commandement du Lt. Colonel BESSY Jacques, patron de l’époque.(de 1987 à 1989)

 

Autre Photo de famille : celle de fin de stage à CHATELLERAULT en 1973 Claude et le 3ème au 3ème rang à droite (l’air sévère, pensif il songeait sans doute à son affectation à l’escadron Para !

 

Rare photographie des membres du début du GIGN 4, 3 des Gendarmes sur ce document vont périr tragiquement à l’entrainement :
Le 1er en franchissement sur un câble entre 2 tours. 1974 (Passé au GIGN 1 à Maisons-Alfort)
Il s’agit de Raymond PASQUIER qui à donner son nom à la Caserne du GIGN à Versailles.
Le 2ème en chute (à cause d’un tiers) 1978 (Claude VERNIER)
Le 3ème, en plongée profonde de nuit. 1981 (Jacques HENRI Passé au GIGN 1 également)
Cette photo a été prise lors du 35ème anniversaire de la Création de l’Escadron Para dissous le 27 Août 2007 soit : 1 an et 2 mois après l’anniversaire (le connaissant, Claude a du se retourner dans la tombe…)

 

Richard ZIELINSKI (ER)
(ER : Brevet EPIGN N° 84) La vieille suspente de l' EPI
Esc. Para 1976-1990
Remercie particulièrement
M. Pierre VERNIER(son fils)
Michel BALANGER
(son meilleur Ami)
Aix en Provence Juillet 25 Mai 2009
MAGUET Jean-Pierre Mise en page pour le net

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