Lieutenant Jules SAVE 94ème Promotion de l’EOGN 1990
(le 6 avril 1873 † 2 juin 1918)

Les élèves de la 94ème Promotion ont choisi pour Parrain le Lieutenant SAVE.
La scolarité des 131 élèves a duré 3 années (septembre 1987 à 1990)
Le Lieutenant SAVE Jules est né le 6 avril 1873 à BILLY — CHEVANNES dans la Nièvre (58).
Il choisit la carrière des Armes dès 1892 au 37ème Régiment d’Artillerie à Bourges. En janvier 1902, Maréchal des Logis Chef, il quitte l’Artillerie pour servir dans la Gendarmerie. Cinq ans plus tard, Maréchal des logis à cheval à la 8ème Légion, il est admis à l’école des Sous-Officiers, désirant devenir Elèves Officiers à la caserne SCHOMBERG (1) à Paris et sortira Major de sa promotion en 1910.
Promu Sous-Lieutenant le 28 septembre, il servira successivement aux 1er, 8ème, 14ème et 12ème Légion de Gendarmerie jusqu’en 1912.
Le 25 octobre 1914, alors qu’il commande comme Lieutenant la section d’USSEL, il est désigné pour faire partie de la Force Spéciale de Gendarmerie attachée à l’Armée Britannique (2).
Il y restera 2 années, et en janvier 1917, détaché sur sa demande comme chef de section au 57ème Régiment d’Infanterie. Il trouvera des occasions de s’illustrer contre l’ennemi par son courage, son énergie et son sang-froid.
À Mont Renaud dans l’Oise, le 23 avril 1918, il est blessé en entraînant sa section à l’assaut d’une tranchée ennemie. Il atteint néanmoins son objectif et le 16 mai 1918, il est cité à l’ordre de la 36ème Division d’Infanterie.
C’est le 2 juin 1918 à Saconin et Breuil dans l’Aisne, après avoir à la tête de sa section, enlevé une ferme tenue par l’ennemi et fait de nombreux prisonniers, qu’il est tué par une contre-attaque sévère. Une 2ème citation à l’ordre de la Division et la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur lui sont attribuées à titre posthume.
La 94ème promotion (1987-1990), Lieutenant SAVE était la seconde promo à trois années d’étude.
Examen de la photo :
Par le CE Gérard DESPONT
Qu’il a l’air farouche, sévère et déterminé, notre Lieutenant SAVE, dans sa tenue !
À la vue de cette très intéressante photographie, il est difficilement possible de déterminer exactement l’époque de ce cliché cette tenue. Il s’agit d’une vareuse composant la tenue modèle 1895.
Le képi originaire du modèle 1873 et d’un modèle 1895 (sa grenade semble être brodée en argent directement sur le bandeau, le galon d’élite est également en argent (c’est donc un Gendarme départemental). Cette tenue n’a pas été modifiée jusqu’en 1914. Le lieutenant a été photographié en tenue de travail. Il est possible que ce képi soit porté jusqu’en 1918 (photo extraite d’une prise d’Armes ou de la Promotion complète, car on aperçoit l’épaule d’un de ses camarades.) Pour conclure, cet uniforme peut dater de 1895 au début de la 1ère guerre (ce qui fait une fourchette d’une dizaine d’années !).
Symboliques choisies par les élèves :
- Heaume : (XVème siècle) rappelle l’origine de la Gendarmerie, héritière de la Compagnie de la Connétablie Maréchaussée et Gendarmerie de France.
- Le Bras armé : la force au service du droit (l’état d’Officier). Le parchemin : symbolise l’action au service de la loi.
- La Couronne Royale Britannique : rappelle que le Lt SAVE a été détaché 2 années dans la Force Spéciale avec l’Armée Britannique (à compter du 25/10/1914 à janvier 1917) Le Canon et la Grenade d’Infanterie : rappellent qu’il s’était engagé au 37ème Régiment d’Artillerie en 1892 et tué en 1918 en portant l’uniforme du 57ème Régiment d’Infanterie.
- La Croix de la Légion d’Honneur : attribué à titre posthume.
- Le fond rouge : pour le Sang, la souffrance des morts au combat.
Insigne conçu et réalisé par le Lieutenant Jean-Michel CADENAS. Homologué N° 3687 le 10 Mai 1990. En émail de synthèse. 75X30mm (tous les insignes ont été numérotés pour les élèves, ceux non numérotés semblent être un tirage « pirate » du fabricant).

 

Lecture héraldique :
Ecu de fantaisie de gueules chargeant un parchemin d’argent. En pointe, couronne sommée d’un lion arrêté et couronné d’or, adextrée d’un canon posé en pal et chargé du nom en capitales LTN SAVE surmontant une grenade, le tout d’or, sénestré d’un bras paré d’argent à l’épée versée du même gardée d’or, enserrant une croix de chevalier de la légion d’honneur, surmonté d’un heaume accompagné de ses lambrequins d’argent.
Dos granuleux à 2 anneaux.
Marquages : Ballard 77 Combs-la-Ville à droite. Et avec ici le : N° 12 gravé à 1 h.
G 3687 à gauche. Homologation du SHAT en 1990 (Service Historique de l’Armée de Terre à l’époque !)
Écusson de la promotion à gauche, un insigne en tissu imprimé (le bon), a été réalisé ultérieurement en 1987/1988 pour les élèves de 1ère année. Ø 90 mm Ce modèle est en tissu très fin imprimé et cousu sur une feutrine blanc oeuvre du Sous-Lieutenant Jean-Michel OGÈS.
Cet écusson a encore été porté en 1ère année par les élèves des 2 ou 3 promotions suivantes
À droite, une copie brodée est sortie en 2008 (par un brodeur allemand) et n’a bien sûr aucune valeur ! Ø 90 mm également (A fuir, ne pas faire la fortune des escrocs, sous prétexte de boucher un trou)

 

Cartes postales de la caserne Schomberg (anciennement caserne Louviers Paris 4ème) : Vue générale, et celle de l’entrée prises dans la rue du même nom ! timbrée d’avant la 1ère Guerre d’après le timbre (Semeuse 5 C.) qui a été émis en Mars 1907 par la Poste.
La caserne qu’a connue SAVE l’année suivante, de 1907 à 1910 ! Le bâtiment central, en pierre, que l’on voit sur cette carte fut détruit par un bombardement au cours de la Seconde
Guerre Mondiale.
Il a été reconstruit à l’identique puis à nouveau détruit dans les années 90 lors du transfert du site à la ville de Paris.
Sur la carte inférieure, on aperçoit un garde à cheval avec le sabre lourd de la Cavalerie de Ligne modèle 1822 dit « Bancale » il participe à de la guerre de Crimée, des guerres coloniales, de l’expédition mexicaine, de la charge de Reichshoffen au côté du Modèle 1854, des conquêtes coloniales, des répressions de la Commune... Il équipe également les Dragons, Cuirassiers et Carabiniers.
Le planton à l’entrée lui est armé avec le légendaire Lebel muni de sa baïonnette qui deviendra la célèbre Rosalie dans les tranchées. Longueur de l’arme : 1 307 mm
Longueur de l’arme avec baïonnette : 1 825 mm Longueur du canon 800 mm masse à vide : 4,180 kg masse arme chargée à 8 cartouches : 4,415 kg Vitesse initiale : 700 m/s Munition: 8 x 50 mm
Les gamins au 1er plan ne doivent pas être des gosses de Gardes qui les auraient aussitôt faits renvoyer dans les jupes de leur mère... Mais plutôt de futures recrues attirées par les uniformes et l’environnement militaire. N’oublions pas qu’avant la 1ère guerre, le patriotisme était très fort et il y avait un esprit de revanche viscéral après la défaite de la calamiteuse et désastreuse guerre franco-prussienne de 1870 avec la perte de l’Alsace et de la Lorraine. D’ailleurs, on apprenait le tir à la carabine aux garçons dans les écoles communales (ces carabines de petit calibre qu’on utilise encore aujourd’hui dans les fêtes foraines).

 

Petit historique de l’EOGN :
(1) L’École des officiers de la Gendarmerie nationale a été créée en 1901 à la caserne Schomberg à PARIS. À l’époque il s’agit simplement de donner un complément de formation aux sous-officiers susceptibles d’accéder au corps des officiers. Depuis le 1er octobre 1945, l’École des officiers de la Gendarmerie nationale s’est installée au quartier Augereau à MELUN (Seine-et-Marne) et a formé plus de 11 000 officiers français et plus de 2 200 officiers étrangers.
Les années suivantes sont marquées par la diversification des recrutements et des formations dispensées. Durant les années 1990, l’EOGN a relevé trois nouveaux défis :
- l’ouverture à l’international en concrétisant des jumelages avec les grandes écoles européennes de formation des officiers ;
- la formation des jeunes appelés effectuant leur service militaire comme officiers dans la gendarmerie au sein d’un cours devenu, en 2000, le cours des aspirants de gendarmerie issus du volontariat ;
- la mise en place de la formation des officiers du corps technique et administratif de la Gendarmerie nationale, corps créé en 2002, et destiné à assurer des fonctions logistiques et de soutien au profit de l’arme ;
- l’année 2002 est particulièrement importante pour l’histoire de l’École. En effet, à partir de cette date, le recrutement s’effectue directement sur concours, pour les jeunes universitaires titulaires d’un diplôme de fin de deuxième cycle. Elle procède également à une réforme complète de sa scolarité en dispensant une formation modulaire et individualisée tenant compte des acquis des élèves, de leurs aspirations et des besoins de la gendarmerie, devenant ainsi une grande école militaire et de service public ;
Enfin, en 2008, l’intégration du Centre d’Enseignement Supérieur de la Gendarmerie (CESG) et la création d’un centre de recherches viennent conforter la position de l’École en tant que pôle d’excellence de la formation des officiers. En effet, en tant que grande école militaire et de service public, l’EOGN constitue désormais l’unique creuset de formation des officiers de gendarmerie, qu’elle soit initiale ou continue.
La Promotion Lieutenant SAVE comprend 181 Officiers répartis de la façon suivante :
- 20 Capitaines des différentes Armes ;
- 21 Officiers étrangers ;
- 14 Lieutenants du recrutement direct ;
- 76 Lieutenants du recrutement O.G.* ;
- 13 puis 12 (un personnel réformé pour raison médicale) Lieutenants OG 1 ;
- 50 Lieutenants du recrutement O.G.R. ;
*Explication en fin d’article !
Splendide Pin’s de l’EOGN en émail, qui n’a rien à voir avec cette promotion, mais qui me fait penser (allez savoir pourquoi) au Lieutenant SAVE…

 

Autre carte postale de la caserne Schomberg: Le retour des Gardes Républicains à la caserne après le tir ! datée de 1906 d’après le cachet de la Poste. Caserne qu’a connue SAVE l’année suivante, de 1907 à 1910 !
Couverture de l’invitation du Bal de Prestige de la Promotion daté pour le 6 juillet 1990 se déroulant au prestigieux Cercle National des Armées, situé au 8 place Saint-Augustin en plein coeur de Paris (8ème).
Cercle également appelé: LA MAISON DES OFFICIERS DE FRANCE
Précisions concernant le recrutement :
Directs: issus de St Cyr
OG 1: officiers de réserve
OG 2: gendarmes bacheliers
OG 3: gradés de gendarmerie 10 ans de service
OGR: Rang (ce que l’on appelle les 10eme)
* OG 1, OG 2 et OG 3 ayant bien sûr réussi le concours EOGN
Toutefois, je précise que tous ces recrutements de l’époque ont été modifiés: OG 2 est supprimé et OG 3 est désormais gradés bacheliers. S’y ajoutent maintenant les recrutés sur titre à la sortie de l’université à bac+5.
(2) PRÉVÔTÉ ATTACHÉE À L’ARMÉE BRITANNIQUE.
La 14e légion a fourni 25 gradés et gendarmes aux diverses unités prévôtales attachées aux armées britanniques, à raison d’un ou deux gendarmes par poste.
L’ensemble de ces unités prévôtales est commandé, — depuis le 22 décembre 1917, par M. le colonel Clément, chef de la 14e légion bis de gendarmerie.
Dès juillet 1916, de nombreux mouvements, des relèves, des remaniements dans les armées et les formations prévôtales ne permettent pas de suivre les opérations auxquelles les militaires de la légion ont pu prendre part autrement que par l’aide des citations l’ordre obtenues.

 

En Hommage aux poilus : le Lebel
Dès le 26 septembre 1914, 294 sous-officiers, brigadiers ou gardes se portèrent volontaire pour servir sur le front, dans l’infanterie, comme adjudants et sergents. Ils rejoignirent leurs postes le 27 septembre, dans les IIe et VIe armées : Le Lebel devint leur fidèle compagnon des tranchées à la fin du conflit, on dénombra 650 gendarmes tués dans les unités combattantes et les prévôtés, et environ 580 moururent de maladie. Plus de 2500 furent blessés.
Les officiers n’en étaient pas dotés, bien que dans l’urgence, beaucoup ont fait le coup de feu avec (ils n’avaient qu’une arme de poing en dotation : le révolver modèle 1892, voir 1873, qu’ils troquaient volontiers contre un pistolet de prise : Luger P 08, Mauser C 96, Steyr Han 1912.)
Le Fusil Mle 1886, ou Fusil Lebel a été adopté par l’Armée française en mai 1887. Il a été très largement utilisé comme fusil d’infanterie jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, à un moindre degré jusqu’à la Seconde Guerre mondiale puis pendant les conflits de décolonisation pour équiper les troupes supplétives. Il fut officieusement baptisé du nom d’un des membres de la commission qui a contribué à sa création : le colonel Nicolas Lebel. Calibre 8 mm.
Lebel muni de sa baïonnette qui deviendra la célèbre Rosalie dans les tranchées.
Le sabre 1822 de la Garde Républicaine (dit bancal)
Cependant, un sabre droit pour les officiers de la gendarmerie a été adopté en 1923. Donc modèle inconnu de notre Lieutenant !
Il est de notoriété publique : que Les Français sont nuls en Géo (moi y compris…) : une petite piqûre de rappel s’impose donc !
Quelques villes du parcours du Parrain :
Billy-Chavannes, son lieu de naissance.
Bourges : au 37ème d’Artillerie (d’où le fût sur l’insigne)
USSEL : en poste lorsqu’il est détaché à la Force Spéciale de Gendarmerie attachée à l’Armée Britannique.
Saconin et Breuil où il tombe au champ d’honneur dans les derniers terribles combats de la dernière chance de l’armée allemande dans l’Aisne.
Paris pour la Garde Républicaine et l’École des Officiers à l’époque : Melun actuellement, ce depuis le 1er octobre 1945.
Paris (Garde Républicaine)

(1) L’École des officiers de la gendarmerie nationale a été créée en 1901 au quartier Schomberg à Paris. À l’époque il s’agit simplement de donner un complément de formation aux sous-officiers susceptibles d’accéder au corps des officiers. En 1918, à l’issue du premier conflit mondial, l’École s’implante à Versailles. Étant sur place, les officiers de la caserne Shomberg ont tôt fait de déceler les qualités et sa capacité à commander du Maréchal des Logis Chef *Save (*équivalent de Sergent-Chef dans l’armée)

Coëtquidan : Promotion Ltn SAVE 94° EOGN 1° année (28 mai 1988) Cour Rivoli
Superbe Photo d’une Prise d’Armes de la 94ème Promotion, dans un alignement impeccable dans la cour Rivoli à l’école militaire de Coëtquidan devant la statue équestre de Marceau, François-Séverin (Général et héros de la Révolution (1769-1796) les élèves de la 1ère année vont défiler devant les autorités.
La 1ère année de la scolarité de l’élève officier de la Gendarmerie se déroule à « Coët » dans le Morbihan où on leur inculque l’éducation militaire. Appelée année kaki…
Les autres années se déroulent à Melun et sont « bleues gendarmerie » la fin des études est plutôt axée sur le gendarmique (sécurité routière, maintien de l’ordre — défense, police judiciaire ou sécurité publique générale).
La 94° Promotion
Photo de Famille (élèves et cadres) Le Général Philippe Rutler commandant l’école, est au premier plan au centre comme il se doit… malgré la qualité plus que médiocre du cliché, on devine la présence d’officiers étrangers (21) coiffés de casquettes et de celle de la seule élève féminine coiffée elle d’un postillon à l’extrême droite (Doryse WAWRZYNIAK) qui a commandé le Centre Cynophile de Gramat (Lot) et qui poursuit une très brillante carrière.
Défilé sur les Champs le jour de la Fête nationale, un grand honneur et un grand moment dans la vie d’un militaire !

 

Ecu porté de septembre 1967 jusqu’à l’arrivée du type 3 (mars/avril 1989). Spécifique à l’EOGN (le sabre « Bancal » type 1822 remplaçant le gantelet)
Sur un plateau doré ou argenté, écu bleu moyen semé de grenades d'émail blanc (argent). Au centre, brochant sur le fond, gantelet d'or brandissant un parchemin roulé d'émail blanc. Le gantelet, en rappelant les «gens d'armes» a été choisi comme signe de la force militaire alors que le parchemin - tout en soulignant l'aspect juridique et administratif de l'enseignement – évoque les diplômes décernés dans les Écoles de Gendarmerie. Insigne homologué le 20 novembre 1967 sous le N°G.2150.
Insigne de l’école (l’écu est amovible : Description héraldique : D’azur à un semis de grenades de candide parti de gueules à un parchemin de candide broché d’un sabre d’argent gardé d’or posé en barre, cet écu se fixe sur un plateau doré ou argenté. Homologué G 3604, le 22 mars 1989.
Les élèves portent l’écu de l’école sur un plateau doré la 1ère année (instruction axée sur le côté militaire de l’institution) et sur un plateau argenté la seconde; période plus (gendarmique…).
Écusson de manche monté avec velcro porté sur les pulls, chemisettes et veste microporeuse noire
Devise de l’école est : « Pour la Patrie, l’honneur et le droit »

 

Richard ZIELINSKI (Adjt. ER)
Remercie vivement
Messieurs
Jean-Michel CADENAS (LCL ER : ancien de la Promo)
Gérard DESPONT (CEN)
Erwann REDIN (Correcteur)
Bertrand REDIN (COL appartenant à la 94ème Promo)
Michel MOURET Modérateur du site Cparama
Qui m’a gentiment autorisé à puiser sur son site
Les vues des cartes des casernes de la Garde Républicaine
Mise en page pour le net
Jean-Pierre MAGUET

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