PRIANON JEAN-LOUIS 63ème stage LE MANS (72) en 2000
(4 décembre 1967 † 23 juin 1997)


ZIELINSKI Richard

Mise en Page pour le Net MAGUET Jean-Pierre

" On s'y attend toujours, mais cela blesse à chaque fois, même si sauver des vies au mépris de la sienne est la devise du GIGN. Le prix à payer, même s'il est accepté de tous ses membres, reste élevé. "
Pour la première fois de son histoire, le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), vient de perdre un de ses membres lors d'une opération, le 23 juin 1997 à Valaurie dans la Drôme. Jean-Louis PRIANON est tombé après 23 mois d'activité et 150 opérations aux quatre coins du monde. Bien que l'entraînement lui ait déjà ôté sept vies, c'est la première fois que le GIGN perd l'un des siens en mission. (Comme disent les Légionnaires : entraînement facile = guerre difficile, mais : si entraînement difficile = guerre facile…)
Le GIGN et sa famille se sont retrouvés pour un dernier hommage, le mardi 24 juin 1997 dans le stand de tir du groupe, transformé pour l'occasion en chapelle ardente, ainsi que le veut la tradition. Une cérémonie religieuse s'y est déroulée, pour le repos de Jean-Louis, dont le corps reposait devant l'autel, sur fond de parachutes tricolores et au milieu d'un parterre de fleurs. Ses camarades du GIGN, en grande tenue, lui ont rendu les honneurs militaires.
À titre posthume, le jeune sous-officier a reçu la Médaille Militaire de la part du Président de la République (Jacques CHIRAC), ainsi que la médaille de la Gendarmerie avec citation, remise par le Directeur de la Gendarmerie Nationale, Monsieur Prévost.
Jean-Louis PRIANON laisse deux enfants et sa femme qui a accouché d'un troisième en décembre 1997.
Né le 4 décembre 1967 aux Lianes, Saint-Joseph, sur l'île de LA RÉUNION, Jean-Louis PRIANON est le fils de feu Pierre et de PAYET, Marie-Line.
Appelé à effectuer son service militaire au 2eme Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine à PIERREFONDS, sur son île natale, il en est libéré avec le grade de caporal-chef.
Admis à la 2eme Compagnie d'Instruction de l'École de Gendarmerie de MONTLUÇON le 23 septembre 1988, il accède au grade de Gendarme le 13 mai 1989, et devient sous-officier de carrière le 31 mai 1991.
Il est affecté le 22 mai 1989 à la 7ème Légion de Gendarmerie Mobile, à l'Escadron 16/7 de BACCARAT. Il se fait remarquer pour ses qualités sportives et devient membre de l'Équipe Légère d'Intervention.
Attiré par la branche "Éducation physique", il obtient son diplôme CT1 d'EPS en 1993. Il encadre par la suite des stages d'Équipes Légères d'Intervention où il partage son expérience en sport de combat, notamment la boxe thaïlandaise.
Il intègre le Groupe le 16 août 1995, et dans le cadre de sa nouvelle activité, il effectue le stage de Maître chien avec son compagnon " RACHI ", au centre de GRAMAT, dans le Lot.
Peu de temps après la sortie de ce stage, le GIGN est appelé sur une intervention qui restera gravée dans la mémoire du Groupe.
Le 22 juin 1997, à VALAURIE, dans la Drôme, un forcené est aperçu porteur d'une arme de poing et tenant des propos agressifs aux gens qu'il croise.
Vers midi, il menace les gendarmes départementaux appelés sur les lieux et se retranche à son domicile.
Tout au long de l'après-midi, les tentatives de contact et de raisonnement auprès de l'individu s'avèrent infructueuses. Vers 16 h 30, le GIGN est alerté par le Commandant de Groupement de la Drôme et arrive sur les lieux à 23 h 30. Aucune négociation n'est possible avec l'individu.
À 3 h 5, le GIGN fait sauter à l'explosif la porte de la maison du quadragénaire. Porteur du bouclier de protection balistique, et protégé, comme ses camarades, d'un gilet pare-balles, Jean-Louis entre en tête dans la pièce où est retranché le forcené, il assure la protection de l'équipe d'investigation.
Au cours de la pénétration, il essuie trois coups de feu successifs. Son sacrifice n'est pas inutile, il réajuste le bouclier et libère le passage avant de s'effondrer, mortellement blessé par une balle.
Le forcené est maîtrisé dans la foulée par, le reste de l'équipe. Le Gendarme PRIANON décède le 23 juin 1997 à 4 h 35.
Par décision de Monsieur le Ministre de la Défense (M. Alain RICHARD), le Gendarme PRIANON obtient à titre posthume :
- La Médaille Militaire
- La Médaille d'or d'acte de courage et de dévouement
- La Médaille de la Gendarmerie
- La Médaille d'argent de la défense nationale
Marié à Madame GORGE, Martine, il est le père de trois enfants : Olivier, Vincent et Maxime.

 

L'Insigne du 63ème stage de l'école

des Sous-officiers

du MANS

Insigne monobloc, triangle chargé d'une rondache marquée GENDARMERIE NATIONALE sur les flancs en bordure ; en cœur bouclier à la grenade mouvant d'un parachute à huit suspentes ; en pointe banderole marquée Gend PRIANON et en pal sur le tout forte épée ; le tout de bronze. 52 x 41 mm
Dos lisse, brossé, sans marque de fabricant, (LEBLOND, Pamiers 09) Homologation : GN 0077 le 28 août 2000 en bas (Gravure mécanique) à gauche et le N° 196 en plus petit à droite (frappé et à peine visible)
Fixation : épingle collée* verticalement avec un boléro à fenêtre *on ne peut pas souder sur du bronze, d'où la solution loctite (qui dégueule lamentablement et donne un air de rafistolage et de fabrication de bas de gamme)
Explications données par le fabricant
" Insigne monobloc, triangle chargé d'une rondache marquée gendarmerie nationale sur les flancs en bordure ; en chœur, bouclier à la grenade mouvant d'un parachute à huit suspentes ; en pointe, banderole marquée Gendarme PRIANON, en pal sur le tout forte épée, le tout de bronze " explication des 9 règles fondamentales composant cet insigne :
1) Parachute dont la couleur origine est le blanc, invite à " GARDER L'HUMILITÉ " et rappelle que le GIGN, unité d'appartenance du gendarme PRIANON, est parachutiste, protégé par Saint Michel, et dispose d'une cellule de chuteurs opérationnels.
2) Les suspentes unissent les frères d'armes de Jean-Louis PRIANON à ces jeunes camarades gendarmes de la 5ème compagnie d'instruction de l'école du Mans, à la couleur blanche et l'invite à " ÊTRE CONSTANT ET FERME DANS L'ADVERSITÉ. "
3) Le bronze métal impérissable utilisé pour cet insigne perpétue la veille de l'unité d'élite, dont l'une de ses missions est de " SECOURIR LES FAIBLES ET LES OPPRIMÉS. "
4) La grenade, signe distinctif de la Gendarmerie Nationale depuis 1797 (attribuée à la révolution aux grenadiers gendarmes en 1792), orne aujourd'hui les fanions et les effets d'uniformes de tous les gendarmes et comporte huit flammes.
5) L'écu central est le bouclier de tête, de la colonne d'assaut, porté par le gendarme PRIANON, parrain de la 63ème promotion d'élèves gendarmes de l'école du Mans. Ce gendarme servira de guide par son " COURAGE, SA BRAVOURE ET SA GÉNÉROSITÉ " qui l'a conduit " JUSQU'AU DON DE SA VIE " le23juin 1997à Valaurie(Drôme).
6) Le listel, sorte de banderole, placée sous le brevet du G.I.G.N., révèle en relief le nom du parrain : " Gendarme PRIANON " qui pour la promotion d'élèves gendarmes hisse " L'HONNEUR et le RESPECT de la PAROLE DONNÉE ", au plus haut rang.
7) L'épée d' EXCALIBUR symbolise la garde et l'exécution des lois. Elle est représentée pointe en haut (Force au service du droit) pour " COMBATTRE POUR LA DÉFENSE DE LA LOI ET LA JUSTICE. "
8) En support, la partie externe du brevet G.I.G.N., représentée par le cercle, figure géométrique parfaite qui n'a ni début ni fin et symbolise la cohésion des hommes du G.I.G.N. qui " FONT MISÉRICORDE ET LARGESSE. "
9) Le triangle rappelle les pitons volcaniques de la Réunion, île de Jean-Louis PRIANON, où il repose. Chaque année, le 23 juin, la brigade de Saint Joseph et les Gendarmes de ce Département d'outre-mer " ASSISTENT FIDÈLEMENT Au Sacrifice de La Messe " dite à sa mémoire.

 

Jean-Louis et ses gamins : la photo du bonheur avec Olivier et Vincent, Maxime né en décembre de la même année ne le connaîtra jamais !
Jean-Louis : des muscles en béton sur une carcasse d'acier et son fidèle " Binôme " Rachi un Malinois d'enfer (lui aussi orphelin maintenant) une sacrée équipe opérationnelle ! dommage…
Photo : CNICG à Gramat (Lot)
Hommage spécial à Jean-Louis PRIANON,
premier gendarme du groupe tué en opération :
Le prestigieux brevet du GIGN DE FABRICATION Arthus Bertrand, homologation : G 2530 en mai 1977.
La devise du Groupe : (sauver des vies au mépris de la sienne)
Le brevet a été dessiné par le Lt. PROUTEAU et le Gendarme DELAFRENEE
Quelques villes citées dans cet article.
A droite, la Réunion ile paradisiaque où il a vu le jour : tout au sud. Environ 9 500 Km séparent Versailles de St Joseph en vol d'oiseau.
Source : www.gign.org/memorial.php

 

ZIELINSKI Richard

Zizi la vieille suspente de l'E.P.I.

Remercie
Frédéric GROS
La Cellule Com du GIGN
Ainsi que le C.N.I.C.G.de Gramat
Erwann REDIN
Juin 2008

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